
Félix Denis est un artiste originaire de la fleurissante Beauce vivant à Tiohtià:ke/Mooniyang/Montréal. Il est bachelier en arts visuels et médiatiques et détient une maîtrise en histoire de l’art de l’UQAM. La Galerie de l’UQAM (2021), Projet Casa (2022), le Centre culturel Marie-Fitzback (2023), L’Espace culturel du Quartier Saint-Nicolas (2024) et la Maison Pierre-Chartrand (2024) ont notamment exposé son travail.
Originaire de Québec, Marian Fournier vit et travaille à Tiohtià:ke/Mooniyang/Montréal. Après des études en arts visuels et en histoire de l’art à l’Université Concordia, il a réalisé une maîtrise en muséologie avec une concentration en études sur le handicap et la sourditude à l’UQAM. Ses recherches de maîtrise examinent les représentations muséales des transidentités et de la transitude. Il travaille présentement comme consultant en accessibilité pour les espaces culturels et il a précédemment été assistant de recherche pour la Galerie de l’UQAM et le Groupe de recherche sur l’éducation et les musées (GREM).
crédit photo: Jean-Sébastien Senécal

Ensemble, Félix Denis et Marian Fournier s’intéressent aux histoires des communautés queers à une échelle locale, soit sur le territoire appelé aujourd’hui « Québec ».
Sans titre (allumer les histoires)


Félix Denis, Sans titre (allumer les histoires), impression sur carton d’allumettes disposés sur un socle recouvert d’une structure de plexiglas, dimensions variables, 2024-25.
Sans titre (L’histoire se dévoile)


Marian Fournier et Félix Denis, Sans titre (L’histoire se dévoile), impression sur coton et soie et archive, trois panneaux de 81 par 161 cm, 2026.
Surdimensionnée et imprimée sur trois panneaux en soie, la citation ouvre une fenêtre sur une autre époque. Elle trace un fil conducteur vers les tendances de la mode depuis les années 1900, suscitant des réflexions sur le contrôle social des corps et la définition de la masculinité. Au début du 20e siècle, l’expression de genre est finement scrutée et les hommes qui ne correspondent pas au modèle masculin sont targués d’être efféminés. C’est le cas lorsqu’une mode masculine scandaleuse apparaît : celle de la chemise fifi.
En anglais, cette chemise est connue sous le nom de « Negligee » ou de « chemise sportive ». Il s’agirait en réalité d’une chemise décontractée que les hommes apprécient pour son col plus large, qui leur permet de rester plus frais pendant les chaudes journées estivales. La chemise fifi choque, car son encolure est d’abord associée aux coupes féminines. Des lettres d’opinion sont diffusées dans les journaux et bulletins, où commentateur·rice·s réagissent à la mode, comme celle-ci, issue du bulletin paroissial de Limoilou en août 1915.
Sans titre (Le pont d’or I)

Marian Fournier et Félix Denis, Sans titre (Le pont d’or I), peinture à l’huile, pastel gras, poussière de terrain vague et crayon de bois sur toile, 76 par 102 cm, 2025-2026.
Description
Dans cette œuvre, Félix Denis recours au grattage, une technique picturale qui consiste à retirer le pigment de la surface d’une toile préparée afin de créer un tracé. L’image qui résulte de cette soustraction de la matière correspond à une reproduction d’une carte représentant le site des chutes de Sainte-Marguerite. Les creux à la surface du tableau évoquent le vide et les absences engendrés par le silence et le contrôle; une marque façonnée par les non-dits.
Les chutes de Sainte-Marguerite, surnommées les chutes gaies (Gay Falls), est un lieu qui a une importance historique pour les communautés queers. Or, leur présence sur le site dérange, et, depuis de nombreuses années, des tactiques sont utilisées pour en limiter l’accès. Dans des archives rendues publiques par la municipalité, une carte annotée à la main laisse entendre qu’un pont, qui existait autrefois sur le site, a été démoli en 2013 afin d’éliminer la présence de la « communauté gaie ».
Dispositif d’exposition


Félix Denis, Fenêtres-fenêtres III, 2018-2025, tableaux, dessins, impressions, photographies et objets divers, 152,4 cm par 457,2 cm.
Sans titre (paysages fragiles)


Félix Denis, Sans titre (paysages fragiles), craie sur mur, dimensions variables, 2024 — en cours.
Sans titre (cartels participatifs)


Marian Fournier, Sans titre (cartels participatifs), merisier, ordinateurs, reconnaissance de la parole, 27,94 cm par 35,56 cm, 2022.
Description
Inspiré par l’art participatif de Félix Gonzáles-Torres, je m’interroge sur les modes de création du discours sur l’art et sur le partage de l’autorité curatoriale. Ces cartels allongés numériques sont connectés à des microphones. Grâce à un logiciel qui convertit la voix en texte, ils captent et affichent les paroles prononcées par les visiteur·euse·s devant les œuvres. Visant à encourager la prise de parole lors de l’expérience en salle d’exposition, les visiteur·euse·s participent à la création d’un discours polyphonique, qui est en constant changement.
